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Communiqué de presse de Nicolas Bay
Président du groupe RN au Conseil régional de Normandie
Député français au Parlement européen


Hervé Morin annonce avoir confié une étude sur l’avenir de l’aéroportuaire normand à l’ancien PDG de Hop (filiale d’Air France). Il a fait le choix, habituel chez lui, de ne pas en informer le Conseil régional, réuni pourtant la semaine dernière en commission permanente.

Si l’actualité et l’avenir à court terme du transport aérien, dominé par la crise sanitaire et ses graves répercussions sur le secteur, sont indiscutablement sombres, celle-ci doit être l’occasion d’une remise à plat du système aéroportuaire en Normandie. Il faut en finir avec une action erratique du Conseil régional, faite de saupoudrages et d’absence de décisions fortes.

Depuis des années, la Normandie dispose de quatre aéroports commerciaux dont seul Caen-Carpiquet (300 000 passagers en 2019, en forte croissance ces dernières années) atteint une taille critique assurant sa viabilité (qui ne le classe cependant qu’au 34ème rang des aéroports français en 2019). Les deux autres aéroports « généralistes » (Rouen-Vallée-de-Seine, 15 000 passagers ; Le Havre-Octeville, 7100 passagers) ne se sont pas imposés malgré des investissements publics conséquents (5,3 millions d’euros de travaux engagés à Rouen-Vallée-de-Seine à l’été 2019). Quant à Deauville-Saint Gatien (135 000 passagers), la crise sanitaire a révélé la fragilité d’un modèle bâti sur la spécialisation dans le vol charter saisonnier.

La Région aurait tort de s’engager dans des solutions coûteuses et de courte vue, comme l’acquisition d’avions évoquées par M. Morin. Comme les élus du groupe RN l’ont souligné lors du débat au Conseil régional, la création d’Aéroports de Normandie (censé « créer des synergies ») ne résoudra en rien le problème fondamental : par manque de lisibilité et d’attractivité, 85 % des passagers normands transitent par un aéroport situé hors de Normandie. La seule solution est d’arrêter de maintenir artificiellement quatre structures éparses et de concentrer les efforts d’investissement et de communication en matière d’aviation de lignes régulières autour d’un champion régional, Caen-Carpiquet, l’aéroport de Deauville assurant pour partie les vols en période de vacances.